Désireux de mettre en avant les jeunes talents en France, l’équipe Newty a rencontré Élise et Julia , les deux créatrices du média : Fraiches, qui cumulent aujourd’hui près de 3 millions d’abonnés. Interview exclusive de Elise @Elisegoldfarb et Julia @JuliaLayani

J’ai dit au patron : « C’est une idée de merde ». Le PDG m’a répondu : « Si t’as une meilleure idée, propose ! »

J’ai appelé Julia, et on a créé Fraiches.

fondatrices du média Fraiches Elise et Julia

On vous croise aujourd’hui à l’évènement Instagram, comment avez-vous été contactées ?

(Elise) : Insta, c’est une société avec qui on travaille beaucoup. C’est une plateforme que l’on connaît très bien. Pour commencer : on a grandi avec. On connaît bien les équipes. Ils font souvent appel à nous quand ils organisent des événements, pour parler en tant qu’entrepreneuses, ou en tant que médiatrices dans des débats, comme aujourd’hui.
(Julia) : Au fur et à mesure, on a créé une relation avec eux. Ils kiffent mettre en avant les jeunes, c’est vraiment cool. Il n’y a rien de mieux que de mettre en avant des jeunes pour parler aux jeunes.

Fraiches, ça vient d’où ?

(Elise) : On était étudiantes et on travaillait dans une émission de radio, une petite bande FM, un projet étudiant, quoi, rien de très ambitieux. Et on voulait créer quelque chose, des médias, construire des projets toutes les deux et les proposer à France Inter, Konbini. Un jour, nous sommes tombées sur une annonce de MinuteBuzz, sur Facebook, qui cherchait une meuf pour créer un média féminin. Déjà, ça m’a énervée à l’époque, j’étais en plus assez révoltée sur les sujets féminins. Le féminisme, c’était encore un gros mot.

J’ai dit au patron : « C’est une idée de merde ». Le PDG m’a répondu : «Si t’as une meilleure idée, propose !» J’ai appelé Julia, et on a créé Fraiches.

Nous nous sommes penchées sur la question, en essayant de créer le média féminin de nos rêves, et ce média, c’était Fraiches. Le groupe TF1 (auquel appartient MinuteBuzz) a adoré, et c’était parti.

(Julia) : En fait, c’était le média féminin de nos rêves parce qu’on voulait qu’il parle de toutes les femmes, des vraies femmes, que l’on croise dans la rue. C’était le plus important.

Étiez-vous préparées à créer un média ?

(Julia) : On a tout appris sur le terrain. On connaissait quand même le monde des médias, on en parlait dans notre émission de radio et on aimait bien les critiquer. Quand on grandit à Paris, on n’est pas étranger à cet écosystème, on apprend rapidement à tout maîtriser et à être autodidacte.
(Elise) : Après, c’est vrai qu’on s’est souvent questionnées sur le «Comment faire ? Où aller ?», et on ne vient pas vraiment de ce monde. Mais finalement, en recherchant, on trouve des points, ils se relient entre eux, et tout finit par se connecter.

Combien de temps a-t-il fallu à Fraiches pour s’imposer ?

(Julia) : Dès la première vidéo.
On a fait le choix de montrer tout de suite ces femmes de tous les jours, quelque chose qui ne se faisait pas à l’époque. Et c’est un fait, quand on propose un truc neuf, une ligne éditoriale originale, ça marche. Enfin quelqu’un a donné la parole à des meufs qu’on ne voit pas !

(Julia) : Au fait, chez Fraiches, on était « intrapreneuses ».
On était à l’intérieur de MinuteBuzz. Mais on avait cette âme d’entrepreneuses, pas vraiment satisfaite. À force de côtoyer des grandes cheffes d’entreprises, de grandes entrepreneuses pour nos interviews, on s’est dit : « Allez, devenons nous aussi auto-entrepreneuses ». Et on a créé une société de conseil pour les médias et les boîtes.

Aujourd’hui, vous ne travaillez plus pour Fraiches. Qu’êtes-vous devenues ? Pas trop dur de lâcher son projet ?

(Elise) : Nous y étions assez préparées. On sentait de base qu’on ne resterait pas longtemps, on était salariées, ça ne nous convenait pas forcément. On savait déjà qu’on ne tiendrait pas longtemps, peut-être même pas un an. Ça nous saoulait d’avoir des chefs. Demande à n’importe qui à MinuteBuzz, on était indomptables. On avait envie de créer encore, d’être nos propres patrons.

Comment vivre ce type d’aventure quand on est jeune ?

(Julia) : Laisse tomber ! On a 26 et 25 ans, ça fait 2 ans qu’on est entrepreneuses, 3 ans qu’on travaille ensemble, et c’est comme si on était encore à l’école, on apprend tous les jours. Et puis, le paquet de conneries qu’on peut faire… L’entrepreneur passe son temps à faire des erreurs, c’est une vie de galère, mais aussi de bonheur dans la réussite.

Entrepreneuses, elles ont créé Fraiches

Quel est votre conseil NEWTY pour ceux qui, comme vous, veulent entreprendre ?

(Julia) : Être bienveillant, se soutenir. C’est super intéressant de se soutenir. Il faut s’écouter, se nourrir des projets des autres. Si vous connaissez des gens qui veulent se lancer et que vous avez des contacts qui peuvent leur servir, n’hésitez pas. C’est donner pour recevoir, c’est comme ça qu’on avance.
Il faut pas lâcher, les gens vont vouloir vous rabaisser. Le monde est truffé de gens qui vont essayer de vous faire perdre confiance, montrez-leur qu’ils ont tort.
(Elise) : Et puis l’obstination, tous les jours, tu vas te manger des murs, faut les traverser. Croire en soi et pas avoir peur de tout tenter : « Je peux le faire, je vais contacter ce mec ». Il faut fouiner, parler aux gens, contacter des centaines de personnes, faut y aller à fond.


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